Mais il ne semblait pas
vraiment convaincu par ses propres paroles, de plus en plus
persuadé que ce Mitchell KREPS était loin d'être innocent. Perdu
dans ses pensées, il posa négligemment sa main chaude sur le genou
de Valérie. Le déclic fut immédiat : elle ouvrit aussitôt les yeux
et le repoussa avec une brutalité et une force qui n'étaient
pourtant pas la sienne, soudain parfaitement
réveillée.
- Mais ça va
pas ! vociféra-t-il, à l'autre bout du canapé, à
moitié par terre. Qu'est-ce
que...
Il n'eut pas le coeur de
finir sa phrase. Elle s'était redressée brusquement devant lui et
tremblait de tout son corps.

- Je sais
pas. murmura-t-elle en reculant de plusieurs pas,
visiblement angoissée. Je...
Il se releva tant bien que
mal, sans la quitter des yeux.
- Je sais pas
ce qu'il m'a pris,
excuses-moi.
Il contourna table basse en
manquant de peu de trébucher contre et de retomber par
terre.
- Que...
Quelle heure est-il ? demanda-t-elle comme si elle
venait enfin de sortir de sa torpeur, avant qu'il soit parvenu
devant elle.
- Pas loin de
13h. répondit-il après un bref coup d'oeil à sa
montre. Mais...
- 13h
?
Il se rendit compte pour la
première fois depuis son arrivée d'à quel point elle était pâle.
Elle chancela soudainement devant ses yeux et il se précipita sur
elle pour l'empêcher de tomber.
- La librairie
et la cafétéria... j'avais oublié... gémit-elle en
le repoussant faiblement pour se retourner vers l'entrée de sa
chambre. Il faut
que...
Il la saisit aussitôt par le
poignet pour l'empêcher d'y aller, comprenant parfaitement ce
qu'elle s'apprêtait à faire.

- Tu n'y
penses ! dit-il alors avec colère.
Tu as vu dans quel état tu es ? Tu ne comptes
tout de même pas aller travailler aujourd'hui ?? Tu tiens à peine
debout !
- Et qu'est-ce
que ça peut bien te faire ?? répliqua-t-elle d'une
voix rauque, en tentant de se dégager de son emprise mais il
resserra aussitôt son étreinte. Laisses-moi au moins aller me changer ! Cette robe... je
la supporte plus ! J'aurais pas du dormir avec... j'ai l'impression
qu'elle pèse une tonne : il faut que je l'enlève ! grimaça-t-elle en tentant en vain de défaire la
fermeture éclair dans son dos, d'une seule
main.
Il la
relâcha enfin, en haussant les sourcils, surpris par ce qu'elle
venait de dire et sa soudaine ardeur à vouloir se déshabiller toute
entière malgré sa présence dans la pièce avec elle. Décidément il y
avait vraiment quelque chose de bizarre.
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