Le lendemain, à la très courte pose de la matinée, Manon semblait être au bord de la crise de nerf. Bien entendu elle avait déjà fait ce genre d'exercice plus d'une fois. Pourtant le fait de devoir parler devant tout un groupe d'étude continuait toujours de la terrifier. A la reprise des cours, elle, Sandra et Jordan quitteraient leurs amis pour aller se rendre dans leur salle pendant qu'eux iraient rejoindre leurs camarades des autres groupes d'étude auxquels ils appartenaient.

- Plus que deux minutes. annonça Sandra en relâchant le poignée d'Andrew qu'elle venait de saisir sans qu'il ne dise quoi que se soit, pour jeter un coup d'oeil à sa montre.
Puis elle s'approcha d'elle avec un grand sourire. Manon était entrain de se tordre les doigts avec nervosité. Jordan lui posa une main réconfortante sur l'épaule.
- Tout va bien se passer, ne t'en fais pas. Vous vous êtes bien préparées.
Elle tourna la tête vers lui. Elle était pâle. L'appréhension se lisait sur son visage. Elle avait toujours était d'un naturel timide depuis qu'il la connaissait. Et c'était précisément cette touchante timidité qui le faisait craquer.
- Mais oui
t'inquiètes pas comme ça ! s'exclama
Sandra à son tour. On est
plus que prêtes : on va faire un carton avec notre
exposé. Et puis, c'est pas non plus comme si c'était
la première fois.
- Oui c'est juste... Mais... j'espère que je ne vais pas me mettre à bégayer comme à chaque fois...

Un groupe de filles passa
devant eux en gloussant. Lalia soupira en les suivant du regard
d'un air sévère. Manon quant à elle les
observa avec une curiosité polie.
- Vous avez vu ! Il m'a regardé !! s'enthousiasma l'une d'entre elle.
Lalia leva les yeux au ciel
comme si elle venait d'entendre la plus énorme des idioties.
Alors voilà la cause de leur gloussement : un garçon.
Non mais ! Les filles pouvaient se montrer tellement superficielles
par moment ?! Elle rabaissa les yeux et regarda Andrew qui
était appuyer le dos contre le mur et regardait en l'air
également. Il donnait constamment cette impression
d'être détaché de tout. Elle se demandait
à quoi il pouvait bien être entrain de penser. Car
pour elle ça ne faisait aucun doute : malgré
l'impression qui pouvait donner, c'était un penseur. Et nul
doute qu'il devait penser à de grandes choses. Oui : elle en
était convaincue.
Assis par terre à côté de lui, Eugène referma le livre qu'il était entrain de lire dans un bruit sec, le rangea dans son sac et se releva. Elle détourna aussitôt les yeux. Le moment était venu de se rendre dans leurs salles de cours respectives. Et en effet, quelques secondes plus tard, la sonnerie retentit dans tout le bâtiment.








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