- Etrange j'avais pourtant entendu dire que la pluie permettait de calmer les nerfs. insista Jeremy dans son dos, avec un petit sourire. 'Faut croire que t'es pas resté suffisamment longtemps en dessous.
- Fermes-la. répliqua sèchement Adrian en
franchissant la porte qui menait à sa chambre avant de la faire
claquer derrière lui.
Pas besoin d'entendre quoi que se soit pour le pousser plus à bout qu'il ne l'était déjà.
Quand il ressortit, une vingtaine de minutes plus tard, Jeremy avait disparut pour laisser sa place à leur frère aîné : Antony. Quand il l'entendit approcher, le jeune homme leva à peine les yeux vers lui avant de reporter son attention sur l'imposante porte d'entrée en contre bas.
- 'soir. grommela-t-il tandis que son frère cadet approchait vers l'escalier pour rejoindre le rez-de-chaussée.
- 'lut. répondit alors Adrian sur un ton tout aussi maussade.
- Ce temps, soupira Antony, il me frustre.
L'adolescent tourna la tête vers lui, juste au moment où il se redressait pour prendre le chemin de sa propre chambre sans plus rien ajouter d'autre. Ses cheveux étaient encore bien humides. Mais ses vêtements étaient secs. Il ne devait pas être rentré plus d'une dizaine de minutes avant lui et s'était déjà changé. Adrian le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il ait disparut à l'angle du couloir, puis il haussa simplement les épaules et descendit, sans avoir compris un seul mot de ce qu'il venait de dire. De toute façon, à cet instant, il avait bien d'autre chose en tête pour se préoccuper des pensées de quelqu'un d'autre.
De son côté, Antony referma
lentement la porte après être parvenu dans sa chambre et s'appuya
le dos contre le panneau. Il baissa sombrement les yeux et porta
une main à l'une de ses poches de pantalon pour en sortit son
téléphone portable dont il regarda l'écran un instant avant de
composer enfin un numéro. Mais il l'annula sans même avoir lancé
l'appel. Il cligna lentement des paupières, soupira, patienta
encore quelques secondes, leva les yeux au ciel, puis
recommença.
* toc ! toc ! toc !
*
- Antony ? On va passer à table, dépêches-toi de descendre !
Il soupira à nouveau, le doigt juste au dessus de la bonne touche cette fois. La voix derrière la porte l'avait interrompu avant qu'il n'ait eu le temps de lancer son appel. Mais peut-être était-ce mieux comme ça ? Son doigt glissa lentement vers l'autre bord du clavier et il abandonna sa nouvelle tentative. Il leva son bras au dessus de son front en serrant le téléphone dans sa main.
- Comment peux-tu encore avoir peur de l'orage à ton âge ?!
- A mon âge ? se plaignit Valérie en grimaçant. Comme tu y vas... J'te signale qu'on a qu'une dizaine d'années de différence.
- C'est tout de même étrange, insista la mère de Lalia avec un petit sourire indulgent, que le temps n'y aie rien changé. Avec ta mère, je m'souviens qu'on en a discuté quelque fois quand tu étais encore au collège. On pensait que ça diminuerait avec l'âge. Mais je constate que c'est toujours le cas. Pourtant aussi loin que je m'rappelle, il ne s'est jamais rien passé qui est pu provoquer un tel traumatisme.


Commentaires