Il leva les yeux au ciel. Elle n'avait même pas cherché à insister. Ca aurait du le mettre en colère pourtant c'était tout le contraire. En fait, ça l'amusait beaucoup. Et ils s'enfoncèrent dans l'obscurité grandissante, brisée par moment par un nouvel éclair.
A quelques mètres des escaliers menant chez elle, il y eu un nouveau coup de tonnerre qui fit vibrer toutes les fenêtres des maisons aux alentours. D'instinct Manon se cramponna à son bras et le sera avec force contre elle. Il fut si surpris qu'il en sursauta en reculant d'un pas. Mais se fut insuffisant pour lui faire lâcher prise. Il ouvrit la bouche, les sourcils froncés, mais il la referma sans rien dire. Elle était toujours autant terrorisée par les orages que l'autre jour.
Il soupira et se remis en
marche en l'entrainant avec lui.
- C'est bon tu
peux m'lâcher maintenant : t'es arrivée.
- Ah ! Euh... oui, désolée...
Il détourna les yeux.
- Ouais... enfin bref ! Dépêches-toi d'rentrer avant qu'il se mette à pleuvoir pour de bon.
- Oui tu as raison. gémit-elle après un nouveau coup de tonnerre et un nouveau sursaut.
Et comme si le ciel c'était enfin décidé, une goutte, puis deux, puis une averse entière, dégringola des nuages noires. Elle se précipita vers les marches. Mais il la rattrapa par le bras.
- Attends ! J'avais oublié de te donner ça : tiens. dit-il en lui mettant un bout de papier où il avait griffonné quelque chose, dans sa main. Mets-le vite dans ta poche avant qu'il soit illisible à cause de la pluie. C'est mon adresse. Viens demain à l'heure qui te convient le mieux : on travaillera le devoir. T'as un numéro où j'peux te joindre au cas où ?
- Euh... nan, désolée. Je n'ai pas l'droit de donner le numéro de la maison sans en avoir d'abord discuter avec mes parents.
- En fait je voulais parler d'un portable. répliqua-t-il avec un nouveau petit sourire.
- Oh ! Je vois... Je suis vraiment désolé mais ils ne veulent pas que j'en ai un. Et puis... En fait on a pas vraiment les moyens non plus, donc... Enfin... Tu vois...
- Ouais : t'en
as pas. Pas la peine de tergiversé pendant trois heures pour
dire ça.
- Désolée... s'excusa-t-elle une fois encore en se mordant la lèvre, visiblement désireuse de se mettre à l'abri.
- C'est pas
grave, on fera sans. On a pas trop l'choix d'toute façon.
Puis voyant qu'elle tremblait littéralement de froid
: rentres vite avant d'tomber
malade. On s'voit demain. Et t'as plutôt intérêt à venir
!
- Oui, ne t'en fais pas : je viendrais.


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