Et sur ces mots elle poussa rageusement le battant de la porte et disparut. Mais une fois de retour dans la cafétéria, elle se stoppa, les joues rouges de colère, et revint sur ses pas.
- Au fait ! lança-t-elle, de retour dans la cuisine où Antony était de nouveau penché sur son travail, qu'il regardait d'un air un peu absent. Lalia fermera la cafétéria 1h plus tôt ce soir : je lui ai laisser les clés pour ça.
Il leva les yeux vers elle.
- Je dois m'absenter pour... euh... m'organiser. Et donc... Je repasserais pour m'occuper moi-même de la librairie. Mais d'ici là je compte sur toi pour t'en charger jusqu'à mon retour à l'heure de fermeture habituelle. Voilà : c'est tout ce que j'avais à te dire. acheva-t-elle, avant de redisparaître aussi vite qu'elle était revenu le voir, pendant qu'il la suivait du regard en fonçant peu à peu des sourcils.
Un léger courant d'air frais parcourut la ville tout entière au cours de l'après-midi. L'heure de la fermeture avancée de la cafétéria arriva beaucoup trop vite au goût de Valérie car cela signifiait aussi que son tête à tête avec Mitchell KREPS approchait à grand pas. Elle ferma les yeux un instant mais les rouvrit très vite quand Lalia, Sandra et Manon apparurent devant son bureau pour lui remettre les clés avant de monter travailler à l'étage pendant qu'elle reportait son attention sur le bon de commande affiché sur son écran d'ordinateur. Elle en modifia quelques données, envoya plusieurs e-mails puis se leva sans même accorder un regard au jeune homme qui lui faisait face, derrière son bureau.
Elle se rendit dans la réserve et il l'y suivit aussitôt.
- Bon, je suis venu pour te remplacer jusqu'à la fermeture, comme tu me l'as demandé ce midi. annonça alors Antony en avançant vers elle, dans la pièce sombre à l'odeur de vieux livres.
Elle persista à faire comme s'il n'était pas là.
- Tu compte m'ignorer encore longtemps ? demanda-t-il sur un ton taquin en affichant un petit sourire en coin qui s'effaça très vite quand elle approcha enfin vers lui.
Il la regarda se débattre toute seule, quelques secondes avant de se décider enfin à lui venir en aide en attrapant l'objet de son désir qui était situé sur une étagère trop haute pour elle, juste à côté de lui. Il le lui tendit en lui souriant avec tendresse et si elle n'avait pas détourné aussitôt la tête en le remerciant d'une voix à peine audible, il se serait sans doute rendu compte qu'elle avait rougit.
- Il faut que j'y aille. annonça-t-elle alors. Il faut que je rentre me changer et... et tout ça...
- Te changer ?! répéta-t-il d'un air surpris en fronçant à nouveau les sourcils.
Elle le regarda droit dans les yeux.
- Figures-toi que j'ai un rendez-vous ce soir. lui révéla-t-elle avec un sourire un peu cruel au coin de ses lèvres.


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