- Alors : je peux ?
- Si ça peut t'faire plaisir. grogna-t-il.
- Ho oui, beaucoup !
Et joignant les gestes à la parole, elle sortit aussitôt les quelques pièces que sa mère lui avait donné pour son propre déjeuner et les déposa dans la caisse à la place de son billet.
- Voilà qui est fait ! s'exclama-t-elle avec joie. Merci beaucoup !
Il n'ajouta rien, ne la salua même pas, et tourna les talons vers la sortie. Cette fille était décidément bien étrange... Etait-elle simplement stupide ou bien... non il y avait autre chose. Quelque chose qui l'énervait encore plus que sa naïveté trop flagrante. Mais quoi ?
Dehors il accéléra le pas jusqu'au trois garçons qui l'attendaient toujours et bouscula presque Valérie au passage. Il maugréa quelques paroles inintelligibles qui ressemblaient à des excuses puis il disparut avec eux au détour d'une rue un peu plus loin tandis que la jeune femme parvenait sur la terrasse où elle gratifia Lalia et Sandra d'un petit sourire encourageant avant de pénétrer dans la cafétéria même.
- Tout se passe bien ? demanda-t-elle à Manon en passant juste à côté du comptoir pour se diriger vers la cuisine. J'sais pas si Lalia vous a mises au courant mais la cafétéria fermera plus tôt ce soir, exceptionnellement.
- Euh... oui, elle nous l'a appris ce matin en arrivant. répondis la jeune fille d'une toute petite voix. Mais... euh... et pour la librairie ?
- Pas de changement de ce côté là ! Enfin... si l'autre idiot est d'accord pour s'en occuper en mon absence. soupira Valérie avant de lui adresser un nouveau sourire. Mais je lui laisserais pas le choix de toute façon : tu n'as aucun soucis à te faire si tu avais prévu d'y aller pour travailler un peu avant de rentrer après avoir finit ici, ne t'en fais pas.
Elle poussa la porte battante qui menait à la cuisine et entra.
Antony était bien là, à son poste, trop occupé à lire un livre de cuisine apparemment récemment acheté, pour se rendre compte de sa présence derrière lui.
- Le prix de ce livre sera déduis de ton salaire.
Il sursauta et fit aussitôt volte-face vers elle.
- La prochaine fois avertis-moi quand il te prend l'envi de te servir dans ma librairie. répliqua-t-elle, les bras croisés étroitement sur sa poitrine et les sourcils froncés.


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